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Diagnostic de la région

INDICE DE PAUVRETE
La situation de retard et de stagnation, sur tous les plans, de la région de Maniapure est consternante. La faible densité de population est une marque du déséquilibre entre le milieu rural et le milieu urbain commun à tout le Venezuela. La pauvreté de la population rurale se caractérise par le bas niveau de salaire, l'analphabétisme, le nombre réduit d'années de scolarisation et un accès limités aux services rudimentaires (santé, éducation, etc…).

Jusqu'à présent les programmes gouvernementaux d'endiguement de la pauvreté au Venezuela ont ciblé les populations urbaines laissant un grand vide auprès des populations rurales trop peu nombreuses et trop éloignées des centres sociaux.

Réduire la pauvreté rurale est complexe. Cela demande d'agir sur les fondements même de cette pauvreté tout en faisant face à la situation actuelle d'urgence. C'est pourquoi toute initiative dans ce sens doit permettre à la population d'accroître sa capacité à faire face à la situation grâce à l'éducation, la formation au travail, l'attention particulière aux besoins sanitaires et la réhabilitation d'activités productives.

Dans cette optique, le Projet Maniapure cherche à promouvoir le développement de la région sur la base d'initiatives déjà en route, d'un renforcement de l'organisation communautaire et surtout sur la base du respect des cultures et des sensibilités.

INFRASTRUCTURES ET SERVICES
Les infrastructures services publics sont localement très limités : absence d'électricité, d'eau courante, d'équipements sanitaires et de téléphone. L'école primaire rurale, fondée par la famille Cuenod, dépend du ministère de l'Education national depuis 1985. Si le Centre La Milagrosa n'existait pas, les habitants devraient faire plus d'une heure de route pour avoir accès à un centre médical.

CONDITIONS DE VIE
Les habitations sont le plus souvent faites de torchis et de toit de palmes. Certaines sont en briques et au toit de zinc. D'une manière générale elles sont très abîmées.

EDUCATION
La majorité de la population a atteint le 6° grade (équivalent au CM2 français) mais est seulement capable d'écrire et de lire d'une façon limitée. Selon des statistiques, 14.7% de la population de plus de 10 ans du Municipio Cedeño est analphabète (moyenne nationale : 10 %). Seulement 42.5% des enfants de 3 à 6 ans suivent des programmes éducatifs, de même quelques 65.3% des 7-19 ans se rendent à l'école.

CONDITIONS ECONOMIQUES
Dans cette région le taux de chômage est élevé et les activités de production traditionnelles stagnent. L'agriculture est de faible productivité, rudimentaire et fragile à cause des fortes pluies durant l'hiver et les sécheresses de l'été. Une minorité de familles se consacrent à l'élevage de bétail, permettant la production et la vente de fromages.

SANTE
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un niveau important de dénutrition protéinique et calorique a été détecté, il est particulièrement important chez les moins de 15 ans. Les causes sont probablement la pauvreté et le bas niveau éducatif. Parmi les diagnostics, les grossesses précoces sont presque un mode de vie quasiment accepté. Dans ces communautés il est commun qu'un jeune de 18 à 25 ans abuse d'une jeune fille de 12 ans pour vivre ensuite avec elle, avec ou sans le consentement des parents. C'est pour cette raison qu'à 18-21 ans ces filles sont mères de plusieurs enfants. Le manque d'éducation, le coût des méthodes contraceptives mais aussi la culture machiste sont les causes du peu de contrôle des naissances.